A l'intérieur des murs antiques de Gubbio on a préservé intacte l'antique tradition du Tournoi de l'Arbalète. Cette compétition d'arme qui remonte au XII siècle se célèbre au son des trompettes et au milieu des drapeaux sur la belle « Grand Place », riche de ses édifices du XIV siècle et noire d'une foule qui applaudit à chaque tir d'arbalète.
L'Arbalète («balestra» ou «Balista») est nommée pour la première fois en Italie dans des documents officiels du Concile Laterano II° en l'an 1139 qui la définit littéralement comme "meurtrière", ce fût une arme de tir tout de suite interdire par les Papes et par l'Evêque Ubaldo.
Reine des armes, elle apparaît sur les champs de bataille de Gubbio à l'aube des institutions féodales. Une telle arme, qui dépassait de par sa puissance toute autre arme de guerre de l'époque, est composée d'un arc fixé sur le haut d'un "bâton" en bois. Celui-ci, avec sa "noix" permet de retenir de manière rigide la corde qui fait plier l'arc et de libérer instantanément la corde elle-même pour pouvoir donner l'impulsion au projectile de l'arbalète.
Avec le perfectionnement de l'arme on substitua l'arc en corne de boeuf par le bois de frêne pour être ensuite définitivement remplacé l'arc d'acier, plus fort et plus élastique.
L'apparition de cette arme, qui fût la plus terrible jusqu'au XV siècle, siècle où apparaît la poudre à canon, amena avec elle une spécialisation dans le corps d'armée et conduisit à une efficacité meilleure de l'infanterie. Chaque Commune libre eut son corps d'arbalétriers, une compagnie dont le but était d'escorter et de défendre les magistrats citadins.
Surgirent alors les Sociétés des Arbalétriers, le succès de la bataille dépendant souvent de leur habileté. Et c'est à cette époque qu'à Gubbio, commune libre et forte, naquit pour ensuite ne plus jamais mourir la Société des Arbalétriers ( Societas Balisteriorum ), réglementée à travers une "Règlementation" autonome toujours en vigueur.
Plus tard, quand les armes à feu prirent définitivement la place de l'arbalète, cette dernière survécut comme raison idéale et noble mémoire des gloires citadines.
Aujourd'hui encore les tournois médiévaux ont lieu périodiquement quand, à la fin de la floraison de Mai, une fois éteinte la folie de la Fête des Cierges, les arbalétriers de la vieille "Biturgio" (Sansepolcro), ouvrent les portes de la ville pour disputer le prestigieux tournoi de la ville de Gubbio.
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